Auteurs étudiés

Cuthbert, Ross (1776-1861)

Héritier des seigneuries de Lanoraie et de Dautray, Ross Cuthbert poursuit ses études de droit à Philadelphie où il épouse Emily Rush, fille d'un des signataires de la Déclaration d'Indépendance américaine. Écrivain, avocat, il siège au Conseil exécutif et à l'Assemblée législative du Bas-Canada. Il publie en 1803 son Aéropage.

Delezenne-Pélissier-Laterrière,Marie-Catherine (1755–1831)

Fille d’orfèvre, elle étudie chez les sœurs de l'Hôpital Général de Québec. Mariée de force à Christophe Pélissier, directeur des Forges du Saint-Maurice, en 1775, elle vit cependant en concubinage avec son amant Pierre de Sales Laterrière. Quand celui-ci, inculpé de trahison, en raison d’un complot orchestré par Pélissier et le père de Marie-Catherine, cette dernière est assignée à domicile chez ses parents. Elle envoie une requête au gouverneur Haldimand pour recouvrer ses biens. Après de nombreuses péripéties, que l’on peut lire dans les Mémoires de Pierre de Sales Laterrière, le couple se marie légalement après avoir reçu confirmation du décès de Pélissier. Ils se fixeront finalement à la seigneurie des Éboulements dans la région de Charlevoix.

Du Calvet, Pierre (1735-1786)

Huguenot d’origine française, Pierre du Calvet arrive au Canada à la veille de la Conquête britannique. Il travaille d’abord en Acadie, tour à tour comme agent de la couronne française puis du gouvernement britannique. Marchand prospère de Montréal, il est nommé juge de paix par le gouverneur Murray. Dénonçant les abus de pouvoir de la magistrature, il s’attire rapidement de puissants ennemis, dont le juge Hertel de Rouville. Le soupçonnant d’intelligence avec les rebelles américains, Haldimand le fait incarcérer, en 1780, à la suite des Jautard, Laterrière et Mesplet. Libéré sans procès, du Calvet publie, en 1784, son Appel à la justice de l’État dans lequel il dénonce les persécutions que lui ont fait subir les autorités coloniales et le père de Berey. Proposant une réforme constitutionnelle, du Calvet tente de convaincre les Canadiens du bien fondé de sa requête et les enjoint d’appuyer sa cause.

Dumas, Alexandre (c1726–1802)

Ce négociant d'origine française oeuvrait dans le milieu protestant de la colonie à titre de notaire, de capitaine de milice et d’homme politique. On lui doit un Discours […] pour l'instruction des électeurs (1792).

Graddon Gosselin, Mary

Mary Graddon Gosselin, première femme à éditer un journal en Amérique, le Montreal Museum or Journal of Literature and Arts (1832-1834). Seul le premier numéro est totalement rédigé en français ; par la suite cette publication familièrement connue sous le nom de Ladies’ Museum sera bilingue. Plusieurs femmes du Haut et du Bas-Canada produisent des textes à son instigation et deviennent des collaboratrices régulières.

Grasset de Saint-Sauveur, Jacques (1757-1810)

Suivant les traces de son père, ce Montréalais de naissance entreprend une carrière diplomatique à la suite de ses études au collège jésuite Sainte-Barbe, à Paris. Vice-consul de Hongrie puis du Levant jusqu’en 1793, il part pour la France alors que la Révolution bat son plein. Devenu le « citoyen Grasset », il entreprend une longue carrière d’homme de lettre, de graveur et de compilateur. On lui doit une vingtaine d’ouvrages traitant de voyages, de cosmographie, de costume, de botanique et d’histoire, mais aussi pas moins de six récits libertins.

Hubert, Jean-François (1739-1797)

Jean-François Hubert cumule notamment les fonctions de secrétaire du grand vicaire Jean-Olivier Briand, de directeur du petit séminaire de Québec, d’enseignant, de missionnaire et de curé avant d’accéder au poste de neuvième évêque de Québec (1786-1797). Condamnant les idées de la Révolution française, il s’oppose au projet d’université multiconfessionnelle dans la province de Québec. Cette opposition mène à un conflit sans précédent entre l’évêque et son coadjuteur, Charles-François Bailly de Messein. Hubert publie également un mandement (1791) qui reporte au dimanche l’obligation de certaines fêtes, chômées en semaine.

Huet de la Valinière, Pierre (1732-1806)

Prêtre et sulpicien, Huet de La Valinière œuvre dans plusieurs paroisses de la province de Québec. Réfractaire au nouveau régime politique instauré à la suite de la Conquête (1763), il est accusé de déloyauté envers les autorités britanniques en 1771. Lors de l’Invasion américaine (1775), il ne s’oppose pas à ce que Thomas Walker incite plusieurs paroissiens à se joindre aux rebelles, ce qui lui vaut les représailles de Montgolfier. On lui doit un catéchisme polémique bilingue publié à New-York en 1790, ainsi qu’un fascicule dans lequel il se présente comme un martyr de la cause américaine lors de l’Invasion.

Jautard, Valentin (1736-1787)

Avocat et journaliste d’origine française, Valentin Jautard arrive au Canada en 1767 après un séjour aux États-Unis. Partisan de la cause des rebelles américains, il est, avec Fleury Mesplet, emprisonné plus de trois ans pour ses idées jugées trop libérales par les autorités de la province. L’on doit à ces deux associés la fondation de la Gazette littéraire de Montréal (1778-1779). Animant la vie littéraire de la province, Jautard y signe de nombreux articles sous différents pseudonymes, dont celui du Spectateur tranquille.

Juchereau Duchesnay, Marie-Catherine, sœur Saint-Ignace (1738–1798)

Fille d’Antoine Juchereau du Chesnay, seigneur et officier, et de Marie-Françoise Chartier de Lotbinière. Marie-Catherine commence son noviciat à l'Hôpital Général de Québec le 1er août 1753 avec la protection de sa tante Marie-Joseph Juchereau Duchesnay de l'Enfant-Jésus. Écartée des fonctions majeures de la maison en raison d’une santé chancelante, elle sera toutefois rédactrice des annales de l’Hôpital Général de Québec durant toute sa vie. C'est grâce à sa plume que les événements de la Conquête et ceux de la première invasion américaine de 1776 sont consignés dans les annales de la communauté. Les archives des Augustines conservent également quelques lettres de sa main.

Labadie, Louis-Généreux (1765-1824)

Dédiant sa vie à l’enseignement, ses initiatives concernant le développement de l’éducation dans des régions plus ou moins isolées lui permettent d’obtenir une certaine considération de la part des autorités politiques et cléricales. Loyaliste convaincu, il compose des chansons et des compliments honorifiques dédiés à certains membres des autorités de la province. Ce pionnier laïque de l’enseignement primaire, surnommé le «maître d’école patriotique», tient un journal de 1794 à 1817, essentiel pour reconstituer sa vie et découvrir ses écrits poétiques.