Auteurs étudiés

Plessis, Joseph-Octave (1763-1825)

Nommé évêque de Québec en 1806 puis archevêque de Québec en 1819, il est l’auteur de sermons, de correspondance, de lettres pastorales et d’un récit de voyage en Europe. Confident et émule de Mgr Briand, il compose son oraison funèbre en 1794. Cinq ans plus tard, il prononce un célèbre discours pour célébrer la victoire de Nelson sur la marine française. L'une des figures dominantes du Bas-Canada au tournant du XIX e siècle, Plessis s’efforce d’assurer la survie de la religion catholique tout en négociant un modus vivendi entre les autorités britanniques et la population canadienne-française. Fervent opposant aux idéaux révolutionnaires, il se consacre à l'éducation religieuse des jeunes, à la morale et au secours des nécessiteux en plus de s'impliquer politiquement auprès de l'élite britannique. Il est nommé au Conseil législatif du Bas-Canada en 1817.

Quesnel, Joseph (1746-1809)

Auteur du premier opéra composé au Canada, Colas et Colinette (1789), ce Breton a voyagé et commercé à travers le monde jusqu’en 1779, date à laquelle il est contraint de demeurer au Canada, alors que son navire est capturé par les Britanniques. En plus d’être marchand et officier de milice, il s’adonne à la poésie, au théâtre et à la musique, puis fonde, avec des gens d’esprit, le Théâtre de société de Montréal (1789). Lorsque que l’opéra-comique de Quesnel y est joué en 1790, une vive polémique s’engage au sujet de la moralité du théâtre dans la Gazette de Montréal. Il contribue ainsi au «réveil littéraire» des Canadiens après la Conquête.

Roubaud, Pierre-Joseph-Antoine (1724-après 1788)

Prêtre et missionnaire formé chez les jésuites d’Avignon, Roubaud s’embarque pour le Canada au printemps de 1756. Assigné à la mission de Saint-François-du-Lac (Odanak), il accompagne les Abénakis, à titre d'aumônier, dans les diverses expéditions de la guerre de Sept ans, avant de s'exiler en Angleterre en 1764. Il mène alors une vie dissolue, vivant de divers gagne-pains et vendant ses services aux plus offrants, travaillant tantôt à la solde des Français, tantôt à la solde des Britanniques. Il forge des lettres prophétiques, qu’il fait paraître à Londres en 1777, dans lesquelles Montcalm prédit la prise du Canada par les Anglais et la rébellion des Treize Colonies. Il trompe jusqu’aux Canadiens de passage à Londres : rédigeant pour eux les mémoires qu’ils sont venus présenter aux ministres britanniques, il en profite pour laisser couler des renseignements. C’est ainsi que Haldimand* a pu être informé des démarches de Pierre du Calvet à Londres en 1783 pour présenter son Appel à la justice de l’État. Malade, Roubaud gagne la France au début de 1788 où il finit ses jours à une date inconnue.

Sanguinet, Simon (1733-1790)

Négociant, notaire et avocat, il figure, au moment de l’invasion américaine (1775-1776), parmi les principaux notables de la ville de Montréal. Observateur privilégié, il écrit Le témoin oculaire de la guerredes Bastonnais dans les années 1775 et 1776. Entretenant des relations personnelles avec Guy Carleton, il n’a cessé, durant cet épisode, de faire valoir ses positions loyalistes. Probablement en reconnaissance des services rendus aux autorités de la province, il est nommé juge de la Cour des plaids communs dans le district de Montréal en décembre 1788. Ce franc-maçon lègue à sa mort de quoi financer un projet d’université dont débattent âprement Mgr Hubert, Bailly de Messein et d’autres correspondants dans la presse de 1790.

Viger, Denis-Benjamin (1774-1861)

Denis-Benjamin Viger, journaliste, essayiste et parlementaire et propriétaire de L'Aurore des Canadas, il est le cousin de Jacques Viger. Deux fois délégué en Angleterre, en 1828 et 1831, pour présenter auprès des ministres les griefs du Bas-Canada contre l'administration coloniale.

Viger, Jacques (1787-1858)

Journaliste au Canadien (1806-1810) puis premier maire de Montréal, Jacques Viger est connu des littéraires comme collectionneur d'oeuvres d'art, réunis dans son Album, et de documents. Il a consigné dans sa Saberdache nombre des premiers textes littéraires de la "Génération de la Conquête".

Well, Bernard, (1721 - ?)

Le jésuite Bernard Well arrive au Canada en 1756 après avoir enseigné à Mans et à Cambrai. Professeur au collège de Montréal, il publie une série d’articles dénonçant les écrits de Voltaire dans la Gazette de Montréal, sous le pseudonyme de l’Anonyme. Il rédige aussi une chanson à double entendement que Mesplet préfère ne pas publier. Il s’attire la désapprobation de son supérieur, Étienne Montgolfier qui, dans une lettre à l’évêque J.-O. Briand, déplore l’inefficacité du combat de Well contre les académiciens de Montréal.

Wollstonecraft, Mary (1759–1797)

Auteure et traductrice, c’est l'une des plus importantes voix féministes de son époque. Son article A Vindication of the Rights of Woman (1792), qui témoigne de sa préoccupation pour le statut des femmes dans la société anglaise, fait sa renommée. Son œuvre connaît des échos jusqu’au Québec comme en fait foi un article publié dans le Cours du Temps en 1795. Au cœur de la Révolution française, elle écrit un essai sur les effets de ces événements dans le développement de l'Europe. Épouse de l'écrivain William Godwin, elle sera la mère de la célèbre Mary Godwin Shelley, auteure de Frankenstein.