Auteurs étudiés

Lacorne, Marie-Marguerite

Fille de Saint-Luc de Lacorne, militaire et commerçant bien en vue de Montréal, et de Marie-Marguerite Boucher de Boucherville (troisième mariage de Saint-Luc de Lacorne), Marie-Marguerite Lacorne est née à Montréal en 1775. Veuve du lieutenant John Lennox (qu’elle avait épousé en 1794), elle se remarie en 1808 avec Jacques Viger, rédacteur du Canadien. La correspondance entre les deux époux recopiée en partie dans la Saberdache de Jacques Viger s'échelonne de 1808 à 1834 au gré des absences de Viger.

Lacorne, Saint-Luc de (1711–1784)

Commerçant prospère, militaire de grande renommée, membre de la Marine française, ce Canadien fut également interprète pour le gouverneur Vaudreuil auprès des Amérindiens et sera surnommé "le général des Sauvages". Il s’embarque à bord du navire l’Auguste le 15 octobre 1761 pour la France, avec une centaine de représentants de la noblesse canadienne. Survivant au naufrage de ce navire, il rédige un journal relatant son périple. Paru à Montréal en 1778 chez l'imprimeur Fleury Mesplet, ce Journal est le premier texte original produit par un Canadien et publié sous la forme d’un livre au Québec.

Laterrière, Pierre de Sales (1743-1815)

Né dans l’Albigeois, Pierre de Sales Laterrière émigre au Québec en 1766. Successivement commis, puis inspecteur et directeur des Forges du Saint-Maurice, il exerce aussi la médecine dans la région de Trois-Rivières, puis à Québec. Soupçonné de complicité avec les Américains au moment de leur guerre d’Indépendance, il est emprisonné de 1779 à 1782 avec Valentin Jautard, Fleury Mesplet et Pierre du Calvet. Après de longues années de concubinage avec Marie-Catherine Delezenne, il l’épouse en 1799, puis devient seigneur des Éboulements et correspondant d’une société savante anglaise. Il raconte sa vie rocambolesque dans des mémoires qui seront publiés en 1873 (réédition: 2003)

Legardeur de Repentigny, Marie-Joseph (1693–1776)

À la suite de ses études chez les ursulines de Québec, Marie-Joseph Legardeur entre au noviciat de l’Hôpital Général de Québec en 1718, grâce à l’intervention du marquis de Vaudreuil et de Mgr de Saint-Vallier. Dès l’ouverture du pensionnat en 1725, elle occupe la fonction de maîtresse des novices, jusqu’en 1735. Pendant la période trouble de la Conquête, elle se consacre à son poste de Supérieure. Elle est l’auteure de quelques lettres conservées à la Collection Baby, aux AHDQ et aux Archives nationales du Canada et l’auteure présumée du Récit du siège de Québec en 1759.

Mesplet, Fleury (1734-1794)

Imprimeur d’origine française, Mesplet introduit l'édition francophone au Canada. Arrivé dans la province comme imprimeur du Congrès américain, il reste à Montréal après la retraite des Bostonnais et y installe ses presses (1776). Avec son ami journaliste Valentin Jautard, il fonde la Gazette littéraire de Montréal (1778-1779) qui anime la vie intellectuelle et diffuse la pensée des Lumières au public canadien. Dénoncés par le sulpicien Montgolfier, ils sont tous deux arrêtés par le gouverneur Haldimand qui les soupçonne de sympathies pro-américaines. Après plus de trois années d’emprisonnement, Mesplet relance une gazette (1785), bilingue, cette fois-ci, alors que Jautard se retire de la vie publique et meurt peu après.

Mézière, Henri-Antoine (1771–c1846)

Insatisfait de l’enseignement classique qu’il reçoit chez les sulpiciens de Montréal, cet esprit rebelle nourrit dans l’atelier de Fleury Mesplet* sa quête de liberté. Il y découvre les Lumières et l’esprit républicain, dont il devient l’un des plus ardents partisans dans la province. Ses activités à la Gazette de Montréal (1785) et sa participation aux clubs constitutionnels (il est notamment secrétaire de la Société des débats libres) lui attirent rapidement la disgrâce du gouvernement britannique et du clergé. Poussé à l’exil, il rejoint les représentants de la France révolutionnaire auprès du Congrès américain. Il est notamment chargé de diffuser la propagande révolutionnaire au Canada. Il se retrouve bientôt en France durant la Terreur (1793). Échappant à la guillotine, Mézière fait carrière à Bordeaux dans l’administration publique pour ne revenir au Bas-Canada qu’en 1817. Après un bref séjour durant lequel il lancera L'Abeille canadienne, une revue bimensuelle, il rentrera définitivement en France.

Moore-Brooke, Frances (1724-1789)

Femme de lettres anglaise, elle fréquente le cercle de Samuel Richardson (Clarissa) et produit de la poésie et une pièce de théâtre intitulée Virginia. Elle fonde et dirige l'hebdomadaire The Old Maid, où elle commente les mœurs de son pays. Après avoir publié un premier roman épistolaire, The History of Julia Mandeville, elle rejoint, en 1763, son époux, le révérend John Brooke, récemment nommé chapelain de l'armée britannique à Québec. Elle y fréquente le cercle de Francis Maseres et du gouverneur John Murray. Auteure de plusieurs romans, elle s’inspire de son séjour au Canada pour écrire le roman épistolaire The History of Emily Montague, qu'elle publie à son retour définitif à Londres en 1769. Considéré comme le premier roman rédigé sur les rives du Saint-Laurent, il a été traduit en français dès 1770 et a obtenu un succès considérable en Europe.

Panet, Jean-Antoine (1751-1815)

Homme de profession libérale réputé, il a probablement fait ses études au Séminaire de Québec. Durant l’Invasion américaine, il est enseigne dans la première compagnie de la milice canadienne de Québec et participe à la défense de la ville. Après le départ du gouverneur Haldimand de la province (1784), il se déclare ouvertement en faveur du plan de réformes constitutionnelles et judiciaires proposées par Pierre du Calvet dans son Appel à la Justice de l’État. Il joue un rôle de premier plan au sein des réformistes canadiens qui réclament, dès novembre 1784, l’établissement d’une Chambre d’assemblée « de libre élection ». Panet en devient le premier président. Il se peut qu’il ait participé à la Gazette littéraire de Montréal sous le pseudonyme du Canadien Curieux, alors qu’il était âgé de 26 ans.

Panet, Louise-Amélie

Amélie Panet fait ses études chez les dames de la Congrégation et fréquente plusieurs écoles de Montréal dont celle de Charlotte Allamand-Berczy. Elle apprend avec elle la peinture et les langues (l'anglais, l'allemand, le latin, l'italien et l'espagnol). En 1819, après son mariage avec William Bent Berczy, fils de son institutrice et membre de l'Assemblée législative du Haut-Canada, elle va vivre à Windsor, puis à Toronto où elle fréquente la bonne société. En 1832, elle s'établit dans la seigneurie de Sainte-Mélanie d'Ailleboust. Elle tient salon et reçoit les membres les plus en vue de l'élite lettrée. Femme d'esprit reconnue, elle écrit plusieurs poèmes restés longtemps inédits. "L'opinion modeste qu'elle entretenait de ses productions littéraires l'empéch[a] de les mettre au jour et lui [fit] refuser même à quelques-unes de ses connaissances qui l'en avaient solicitées d'en laisser publier", souligne son mari après son décès survenu en 1862.

Panet, Pierre-Louis (1761-1812)

Jeune homme précoce, Pierre-Louis Panet obtient sa commission d’avocat en juin 1778, avant même d’atteindre ses dix-huit ans, puis il pratique comme notaire à Montréal de 1781 à 1783. Plus tard, il siège comme député à la Chambre d’assemblée du premier Parlement (1792), en compagnie notamment de son cousin, Jean-Antoine Panet. L’un comme l’autre ont pu signer sous le pseudonyme du Canadien Curieux dans la Gazette littéraire de Montréal (1778-1779).

Perrault, Joseph-François (1753-1844)

Né à Québec en1753, il va en Louisiane en 1773, pour tenir le commerce de son père. On le retrouve à Montréal en 1780, où il tient un magasin de détail. Il fera partie de la troupe de Joseph Quesnel, le Théâtre de Société, vers 1789-1790. Il fonde deux journaux : Le Courrier de Québec en 1806 et Le Vrai Canadien en 1810 et fréquente Napoléon Aubin, éditeur du Fantasque , qui fait de lui un portrait lithographié. Il meurt à Québec en 1844. Il aura laissé un projet de loi sur l'instruction publique, se sera attardé au développement de l'instruction pendant 24 ans.